Un brin d'histoire...

Six siècles de bagues de fiançailles
L’amour fait tourner le monde, dit-on ... et rien n’est plus vrai, car c’est bien l’amour qui a toujours poussé les hommes à faire preuve de la plus grande générosité.
Les bijoux en forme de cercles ou d’anneaux, remontent à la nuit des temps.
La chevalière était déjà connue dans l’Egypte ancienne, et depuis, cette coutume de porter des bagues est passée chez les Grecs, les Etrusques et les Romains.
Suspendus aux oreilles, au cou, au nez, aux chevilles, aux doigts et même aux doigts de pied, les anneaux se retrouvent dans toutes les civilisations. Les premières bagues ont sans doute été faites en herbes tressées, mais il n’en reste évidemment pas de traces. On a retrouvé, par contre, des bagues grecques en fer, or, argent, ivoire et ambre.

Les Perses et Hindoues portaient des bagues en or, en signe de fidélité; les autres matières étaient emblèmes d’éternité. Notons que les bagues furent très vite offertes comme symbole d’affection et de fiançailles. Chez les Romains, ils n’offraient qu’un simple anneau de fer en guise de fiançailles ...
Les hommes qui occupaient un rang honorable avaient le droit de porter des bagues en or, grosses bagues gravées et ornées de pierres précieuses. A l’époque, l’alliance, symbole unique du mariage, n’était pas encore connue (fin Moyen-Age en Angleterre). La bague de fiançailles était aussi utilisée comme alliance. Elle était à nouveau portée à l’annulaire, on dit qu’à partir de ce doigt une ligne directe allait tout droit jusqu’au coeur. Les Hébreux la portaient à la main droite, les Romains à la main gauche, les Grecs au 4ème doigt de la main gauche et les Gaulois au majeur.

Au Moyen-Age,
les arts de la parure tombèrent en déclin : l’art était avant tout religieux. Le moment où le fiancé offrait la bague à la mariée, était très important. Si la bague restait bloquée au début du doigt, sans passer la deuxième phalange, la femme porterait la culotte dans le ménage. Par contre si elle passait sans problème, l’homme serait seul maître à bord. Les plus superstitieuses faisaient en sorte de se tordre le doigt afin que la bague s’arrête à la deuxième phalange.

Ce n’est pas avant le XIVe siècle qu’il redevint décoratif et ... meurtrier. Bien des chatons de bagues des seigneurs contenaient du poison. Ensuite les bagues se multiplièrent au doigt de la noblesse puis de la bourgeoisie. Ce n’est qu’au XVe siècle que la mariée aura le bonheur de pouvoir admirer à son doigt une bague avec un diamant, symbole reconnu de l’amour durable et de la fidélité. Une des premières privilégiées fut Marie de Bourgogne qui l’a reçue de Maximilien d’Autriche, en 1477, à l’occasion de leurs fiançailles. Le XVIe siècle vit la technique de la taille avancer à pas de géant : la pointe pyramidale du diamant fut aplanie par frottement, avec de la poussière de diamant, pour en faire une table qui libéra enfin le feu et l’éclat du diamant.

A l’époque de la Renaissance, le dernier «must» était une bague de mariage jumelée, qui souvent, comportait un diamant et un rubis. Ces bagues, à deux ou parfois trois anneaux, s’ouvrant en éventail à partir d’un pivot, portaient à l’intérieur des anneaux, l’inscription : «Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni». Pareille bague fut offerte par Martin Luther à sa jeune épouse Catherine Bora en 1525.

Au XVIIIe siècle, les diamants brillent surtout la nuit, à la lueur des chandelles et rendent les femmes plus belles que jamais. Les portraits de ce siècle nous montrent que les riches, hommes ou femmes, en portaient à tous les doigts, même le pouce. Certaines bagues, aux armoiries de la famille, servaient aussi de sceau.

Le style Rococo fait foisonner les coeurs, sertis de diamants blancs et de couleur ou transpercés de flèches. En fin de siècle apparaissent les bagues de «sûreté» annonçant les alliances actuelles en diamant, que l’on portaient au-dessus d’une bague sertie de pierres précieuses.

Au XIXe siècle, la révolution industrielle crée de nouvelles richesses et le diamant devient un joyau de plus en plus recherché. La reine Victoria qui adorait les bijoux, possédait même Koh-I-Noor, le plus gros diamant de l’époque. Le prince Rainier de Monaco offrit à sa fiancée Grâce un magnifique diamant solitaire de 12 carats en taille émeraude. Richard Burton fit briller les célèbres yeux violets de sa bien-aimée Liz en lui offrant quelques diamants «plus gros que le Ritz». Mais les modes passent et la bague de fiançailles et les diamants restent, avec leur aura inégalable de beauté et d’amour.