Aussi longtemps que la robe longue était portée au quotidien, le cortège n'exhibait pas de toilette spéciale.
Quant, après le raccourcissement des jupes des années 20, la robe s'est rallongée aux mollets dans les années 30, la robe habillée est redevenue longue. Si la mariée revêtait une longue robe blanche, le cortège portait presque toujours la longue robe habillée. Il en sera ainsi jusque dans les années 70 où une mariée en grande robe imposera de moins en moins un cortège portant également une toilette longue. La suite du mariage de la Princesse Anne d'Angleterre en 1973 était en tenue courte. Mais c'est le mariage de la Princesse Diana, le 29 juillet 1981, qui eut un retentissement considérable, avec les invités en tenue de ville, qui, dans nos provinces, sonnera le glas de la tradition de la robe longue pour les invitées. Si la Grande-Duchesse Margaretha du Luxembourg se marie encore, quelques mois plus tard, le 20 mars 1982, accompagnée d'invitées en tenue longue, sa cousine, la Princesse Astrid de Belgique, aura, en 1984, un cortège en tenue courte. La permission donnée à la mariée de porter seule une robe importante, sans en répercuter le coût sur les invités, a achevé de démocratiser l'usage de la longue robe de mariée.
Le cortège des grands mariages recourt dès lors à la sophistication du chapeau, aux formats et modèles les plus créatifs, voire les plus exubérants, pour marquer le côté festif de l'événement. Lors du mariage du Prince Philippe, le 4 décembre 1999, le port du chapeau était obligatoire chez les invitées. Récemment, on observe un retour en faveur des invitées en long et, nouveauté, le pantalon, version habillée s'entend, est de plus en plus admis, même dans les mariages les plus conventionnels.
Il semble que, dès que la symbolisation du blanc s'est ancrée dans les usages, les invitées se sont abstenues de porter cette couleur. La mode illustrée, en 1877, est catégorique Il est rigoureusement interdit, à toute personne figurant dans le cortège ou assistant à la cérémonie en qualité d'invitée, de porter une robe blanche, cette couleur étant, ce jour-là, l'apannage exclusif, le privilège de la mariée; cette règle ne cède que pour les petites filles de deux à dix ans. Toute entorse est considérée comme une faute de goût, voire une marque d'impolitesse vis-à-vis de la mariée. La Princesse Grâce de Monaco, pour avoir omis cette préséance, alors qu'elle assistait au mariage de la Princesse Anne (1973), se fit fort critiquer par la presse anglaise.
Extrait tiré de La Mariée ... Princesse d'un jour -
Une histoire de la mariée en Belgique du XIXème au XXIème siècle
de Marguerite Coppens, Bruxelles 2001.
Ce catalogue est édité par les Musées Royaux
d'Art et d'Histoire et est en vente à la librairie du musée.
Renseignements 02741 73 62