Les traces les plus lointaines d'une utilisation du fruit du cacaoyer remontent aux civilisations précolombiennes. Comme tant d'autres denrées exotiques, la fève de cacao fût très longtemps ignorée des Européens.
Les indigènes amérindiens utilisaient ces amandes comme monnaie dans leurs échanges commerciaux et pour le paiement de leurs impôts. Elles avaient des propriétés nutritives et fortifiantes. Grillées, pilées au mortier puis broyées très finement, ils obtenaient une pâte qu'ils coloraient avec du rocou (piment rougeâtre), épicée au chilé (poivre du Mexique) et ensuite aromatisée à la vanille, au miel ou à la canelle.
Mélangée à de l'eau, chauffée et battue, cette boisson pouvait se consommer chaude, tiède ou froide. Débarquant sur les côtes mexicaines en 1519, Hernan Cortés se vit offrir par l'Empereur Aztèque Montezuma ce breuvage que le souverain se faisait servir à toute heure du jour dans des vases en or. Les Espagnols revenus des colonies ne pouvaient plus se passer du chocolat et Cortés fait envoyer une cargaison de fèves à l'Empereur Charles Quint.
La Route du Chocolat était ouverte
En Espagne, le chocolat restera jusqu'au XVIIème siècle l'apanage des aristocrates et des ecclésiastiques. cent ans plus tard, un Italien du nom de Francesco Carletti, qui avait beaucoup voyagé aux Antilles, dévoila la recette dès son retour à Florence.
L'expension du chocolat commence alors en Europe. Un savant originaire de Nuremberg l'importa en son pays dès 1641 et l'Angleterre l'adopta en 1657.
Quant à son introduction en France, on la doit à Anne d'Autriche, fille de Philippe III d'Espagne qui, à la suite de son mariage avec le roi Louis XIII (1615), initia la cour à la consommation du chocolat.
Mille fois merci aux Aztèques et à cette formidable découverte. Aujourd'hui, le chocolat n'a plus rien à voir avec ce produit amer dont ils raffolaient tant. Il adopte aujourd'hui toutes les saveurs et toutes les formes pour notre plus grand bonheur à tous.